Partons pour Golarion, dans Pathfinder Kingmaker sur PS4

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PATHFINDER KINGMAKER






Créé par quelques vétérans de la scène, Owlcat proposa en 2017 un nouveau projet sur Kickstarter. Nommé « Pathfinder Kingmaker », le titre récolta pas loin d’un million de dollars en un mois, avec un objectif initial fixé à 500 000. Annoncé comme étant le digne héritier des cadors du CRPG, le titre trouva donc rapidement sa clientèle en conservant sa forte addiction aux règles de Donjons & Dragons car, pour ceux le sachant pas, Pathfinder est un jeu de rôle bien connu du milieu avant toute chose.

La version PC connu un lancement en demi-teinte, non pas pour sa qualité de narration ou contenu mais plus pour la partie technique. Owlcat améliora son jeu et proposa par la suite du contenu additionnel venu allonger encore le plaisir.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir de relancer ce titre grâce à éditeur, qui nous a fourni un exemplaire de l’édition Enhanced qui sortira cette semaine sur Playstation 4 (objet de notre test) et Xbox One.

Découvrons ensemble ce portage !




JdR.

Dès le lancement du jeu, les différents menus dévoilent une identité graphique plaisante.  Premier choix : le contenu que nous désirons parcourir, parmi l’histoire de base ou chacun des deux contenus additionnels. Soyons clair, ce sont des dizaines, que dis-je, des centaines d’heures qui attendent le joueur.

Nous devrons également choisir la difficulté du jeu, ou personnalisé celle-ci via différents paramètres. Le jeu nous permet donc de moduler notre expérience allant du mode où nous profiterons avant tout de la narration, au mode où la moindre erreur conduira au game over !

Direction à présent la création de personnage qui s’avère ultra (même trop) complète. Héritage de D&D oblige, le joueur aura fort à faire ici pour créer son avatar qui prendra vie de longues minutes plus tard. 8 races, 16 classes ayant chacune 4 dérivés, les choix sont déjà cornéliens. S’en suit ensuite le build que le joueur va choisir via 25 points à répartir dans différentes stats. Il faudra ensuite choisir ses compétences, don, divinité, etc. Un système d’alignement fera aussi son apparition : bon ou mauvais ? loyal ou chaotique ? A vous de prendre un point de départ de votre choix (dépendant de votre classe) et à vous de le maintenir ensuite.

Pour le joueur adepte de JdR, il sera en terrain connu et saura vers quoi s’orienter. Le néophyte lui sera assez vite perdu et les mauvais choix pourront avoir des répercussions plus tard. Surtout que le tout manque un poil d’explication.


GOLARION.

Nous voici donc au contrôle de notre très chère avatar. Nous sommes conviés, avec d’autres aventuriers, à un banquet chez le seigneur Aldori. Celle-ci nous détaille ce pourquoi elle nous a mandé. Les Terres Volées, région de Golarion, doivent être ralliées au royaume. L’aventurier qui arrivera à en prendre possession y sera nommé Baron, et régira la région sous la tutelle des Aldori. Dès lors, l’aventure se lancera sur les chapeaux de roue et le joueur entrera rapidement dans le jeu.

Cette histoire de prendre le pouvoir sur ces Terres Volées ne sera qu’une première étape. Plusieurs arcs se dessineront autours, et les choses seront bien plus profondes qu’une simple histoire de prise de pouvoir sur ces Terres Volées. Pour venir à bout de cette histoire original (jeu de base, sans les DLC) comptez facilement dans les 80 heures de jeu, rajoutez-en au moins 30 voir 40 si vous êtes du genre à ratisser large. Vous aimez prendre votre temps, et parcourir tout ce que vous offre le titre ? Cela sera plusieurs centaines d’heures alors !

Les contenus additionnels apporteront encore un peu de pain à manger de ce côté-là. De notre côté, nous suggérons de faire le jeu de base avant de se lancer dans ces contenus.


NARRATION.



Comme tout bon CRPG qui se respecte, le titre sera très verbeux. A de nombreuses reprises, nous aurons le choix entre plusieurs réponses, certaines débloquées sous condition de statistiques. La réaction des protagonistes en face dépendra souvent de vos dires.

Également, et c’est plutôt bien foutu, il y aura des passages où la narration prendre la forme d’un livre dont vous êtes le héros. Nous verrons donc le texte et illustration sur des pages, et selon nos choix, compétences et réussite (ou non), le livre ira à la page suivante correspondante. Encore un fois, ces choix auront des répercussions (plus ou moins importantes) sur la suite de votre aventure.

Vos réponses impacteront également directement l’alignement de votre héros. Le tout est bien écrit et donne envie d’être suivi. Pathfinder Kingmaker propose ici du lourd, très lourd même !





UN LONG VOYAGE.

Une fois l’introduction du jeu passée, nous voici sur la map monde à devoir rejoindre notre premier objectif. Contrairement à la majorité des jeux du genre, où le groupe se téléportera rapidement d’un endroit à un autre, Pathfinder proposera quelque chose d’un peu différent.

Notre groupe sera matérialisé par un pion comme sur les jeux de chevaux, sur la carte de la région. Nous choisirons dans quelle direction nous déplacer et ce pion avancera. Les points d’intérêts apparaitront en passant à proximité d’eux. Nous ne contrôlerons notre groupe réellement qu’une fois dans les endroits visitables, et non sur la map monde donc.

La typologie du terrain rencontrée fera que notre groupe avance plus ou moins rapidement car oui, le temps file aussi et votre groupe fatiguera également. Et cette fatigue nécessitera une bonne gestion.

Régulièrement, il vous faudra construire un bivouac pour reposer votre groupe. Cela est nécessaire pour se reposer et récupérer des charges de compétences (nous en parlerons plus tard). Une fenêtre de gestion de ce camping apparait alors, où vous pourrez envoyer des membres de votre groupe chasser, cuisiner, camoufler et protéger le camp. Bien sûr, chacun des membres de votre groupe possédera des capacités plus ou moins propre à chacun de ses rôles. 


UN SYSTEME DE COMBAT QUI FAIT SES PREUVES.

A l’instar de Tyranny que j’avais causé ici, Pathfinder Kingmaker propose un système de combat en temps réel avec pause active. Cette pause permettra le micro-management de votre groupe et vous verrez que cela s’avérera souvent nécessaire ! Certaines actions nécessiteront un temps d’incantation par exemple avant d’être effectué, d’autres seront instantanées. Le tout sera symbolisé par une icône indiquant l’avancement de cette action. La plupart demanderont un temps de rechargement quoi qu’il arrive.

Lors d’affrontement sur petites escouades ennemis, il arrivera au final de laisser l’IA gérer les personnages non contrôlés par le joueur mais sur les groupes plus costauds, le joueur mettra pause plusieurs fois pour préparer à l’avance les prochaines actions de son groupe. 

Certaines compétences auront quant à elle un nombre de charge utilisables. Attention à bien les utiliser avec parcimonie car le seul moyen de les recharger sera de se reposer !

Un autre mode de combat fait son apparition sur l’Enhanced Edition de Pathfinder Kingmaker : le fameux tour par tour. A la façon d’un Divinity Original Sin 2, une frise indiquera l’ordre d’action des personnages. Chacun disposera d’un pécule de point d’action notamment pour se déplacer, lancer ses compétences etc. Il suffit d’une simple pression sur L3 pour passer d’un mode à l’autre avant un affrontement !

La prise en main à la manette est assez simple : le curseur sera géré par R3. Pour arriver sur la barre de compétence, il suffira de faire triangle. Nous choisirons alors notre compétence et le ciblage ennemi / zone se fera via R3 encore une fois. Sinon, L1/R1 permettront de passer d’un ennemi à l’autre. Pour changer de combattant ? L2 enfoncé et on choisit le protagoniste désiré !

Tout comme Pillars Of Eternity pour ne citer que lui, le passage du monde PC à la console se fait plutôt bien. C’est d’ailleurs un réel plaisir de voir de plus en plus de JdR à l’ancienne / C-RPG passer sur le monde de la console !

Pour le déroulement du combat, le JdR papier aura ici une grande influence. Tout se jouera au dé pour rester fidèle au support d’origine. Quel que soit le contexte : jet de dé ! Un incantateur se fait frapper pendant la préparation d’une boule de feu ? Jet de dé pour voir s’il est interrompu. Un barbare frappe sa cible ? Jet de dé pour calculer les dégâts, à condition déjà de toucher la cible. Une fois que toutes ces règles seront comprises, et surtout assimilées, le jeu devient un vrai panard mais le néophyte du genre sera lui assez perdu et noyés sur le flot d’informations une nouvelle fois. Des pop-ups apparaissent régulièrement en jeu pour donner ces indications et quelques règles, mais la quantité d’infos est assez importantes à ingérer.

Le système se montrera complet, et intéressant, dès lors que l’on s’y intéresse et surtout qu’on assimile bien le tout.


UN MONDE VIVANT.

Le bestiaire du jeu se montrera tout autant étoffé. Le jeu papier est ultra riche et seule une partie se retrouvera dans le jeu. N’ayez crainte cela sera déjà bien suffisant surtout qu’il faudra encore une fois assimiler pas mal d’info. Chaque membre de ce bestiaire aura ses affinités et points forts, ses faibles, et nécessitera parfois des outils particuliers pour les toucher et/ou mettre à morts.

Chaque combat demandera donc au joueur de s’adapter. Pathfinder Kingmaker n’est pas le genre de jeu où nous allons rouler dessus de A à Z en mode bourrin no brain sans se poser de question.

Le titre reste fidèle au jeu papier à bien des égards, et les connaisseurs du jeu de rôle qui se lanceront dans le jeu vidéo y trouveront de nombreuses références et portes ouvertes au reste du monde connu sur le media d’origine. L’univers de Pathfinder est grand, et l’impression de faire partie de ce monde immense est très plaisante. 


MON BEAU CHATEAU.


Après quelques heures de jeu, nous aurons atteint notre objectif de bouter le cerf occupant les Terres Volées. Le seigneur Aldori nous donnera donc le titre de baron de ce territoire. Nous prendrons siège dans l’ancienne forteresse du cerf. Cette partie du jeu sera également importante et prendra une place non négligeable dans votre temps de jeu.

Il sera par la suite possible d’annexer d’autres territoires et donc d’agrandir votre main mise sur le monde.

A noter que la gestion de votre royaume pourra être faite depuis la map monde (pas nécessairement au château) mais pour cela, il faudra être en territoire gouvernée. Lorsque vous serez donc en terrain inconnue, vous ne pourrez pas agir. Cela obligera souvent à faire des allers-retours pour pouvoir agir.

Pathinder Kingmaker offrira la possibilité de construire de nouveaux bâtiments dans votre bourg, qui ouvriront différents bonus à votre royaume.  Votre royaume fera également, et aléatoirement, face à de nouvelles opportunités et crises que de vous devrez gérer. Une crise que vous n’avez pas su contenir aura forcément un impact négatif sur votre royaume.

Soyez en sûr, il y aura toujours quelque chose qui s’y passe pour alimenter le jeu. Le système est réellement complet, et peut se montrer parfois exigeant et frustrant. Il est difficile d’en parler sans partir dans un texte de plusieurs pages tant il y a à dire. Chose de sur, l’idée est vraiment bonne.


TECHNIQUE.

Visuellement, le jeu est plutôt agréable à l’œil. Pas très exigeant sur PC, la version console s’en sort donc également bien. Nous pensons notamment aux effets des sorts, ou autres effets liés au feu, qui rendent bien tout comme la partie météo en extérieure par exemple. Le moteur Unity s’en sort ici bien et permet de faire tourner le jeu sur de nombreuses machines. Nous avons noté par contre des ralentissements à plusieurs reprises sur Playstation 4 Pro. Attention, ce n’est pas un freeze qui dure, mais des mini à-coups et ce même lors de la création du personnage quand nous passions d’un portrait à l’autre ou d’une classe à l’autre par exemple. Le test de la version console ayant été fait avant sa sortie, gageons qu’un patch viendra rapidement corriger ceci.

Le jeu comporte de nombreux chargement, pas foncièrement long mais qui existe tout de même. Point de vue technique pure, le jeu est plutôt bon si on fait abstraction des quelques problèmes de pathfinding que nous avons eu, obligeant des fois de passer d’un perso à l’autre pour débloquer l’autre.

Le jeu est entièrement en VO, sous-titré FR intégralement. Cette partie est de qualité, et c’est un vrai plaisir de lire tout ce texte rondement créé.


INTERFACE CONSOLE.

Ce genre de titre propose souvent une interface des plus complètes, divisées en de nombreux menus. Il est donc légitime de se demander comment se comporte le jeu sur console. Pathfinder Kingmaker s’en sort plus que bien.

Nous avions évoqué la partie combat plus haut qui profite d’une bonne retranscription. Sachez que le reste du titre bénéficie du même soin ! Via une pression de R2 maintenu, plusieurs cartes apparaissent laissant naviguer dans le menu des personnages, inventaires, la carte, le journal des objectifs. Tout se fait plutôt bien et sans avoir eu besoin d’imbriquer x menu les uns ou sous les autres. C’est donc un portage de qualité que nous avons ici pour ce point !


UN PORTAGE DE QUALITE POUR PATHFINDER KINGMAKER

Vous l’aurez certainement compris, je suis conquis, par le titre en globalité déjà. Fan de Baldur’s Gate et JdR papier, Pathfinder Kingmaker est LE jeu à faire. Oui, il est exigeant avec une très grosse dose d’informations à assimiler (surtout pour le néophyte). Il demandera plusieurs heures pour comprendre les notions et bases du jeu. Mais surtout il proposera une expérience au finale complète et de qualité !

Son système de combat, au tour par tour ou en pause active, a fait ses preuves et est efficace. L’outil de création d’avatar, complexe mais complet, permettra moultes fantaisies au joueur. La partie gestion de royaume est un ajout sympathique et ajoute une petite dose de fraicheur dans le titre. La narration est de haute volée, et son travail est excellent. J’ai personnellement adoré les parties type « livre dont vous êtes le héros ».

Le contenu est là, et le rapport Qualité / Prix / temps de jeu est juste hallucinant.

Oui, la version console n’est pas sans (mini) défauts (quelques mini accrocs techniques, légers mais présents, voir quelques souci de pathfinding), mais quel plaisir d’avoir ce jeu sur console! La partie technique reste bonne, avec un jeu globalement bon sur cet aspect. Le jeu s’est bien adapté au monde console que cela soit son interface, sa prise en main ou encore son gameplay. L’ajout du tour par tour via l’enhanced edition, ainsi que le contenu supplémentaires, sont également les bienvenues.

Pour 49,99€, c’est une superbe offre pour plonger dans l’un des cadors du CPRG à présent disponible sur console !



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